Le "swing state" Colorado vote

06 novembre 2008

Un article dans la Nouvelle République...

La Version originale

Les démocrates du Colorado, VRP d’Obama

auprès des électeurs indépendants

 

Pour faire basculer l’état fidèle aux républicains depuis 1996, les militants de Barack Obama sollicitent les électeurs non affiliés. Reportage, porte après porte, à Greeley dans le nord de l’Etat.

 

Aux pieds des Rocheuses, des fermes et des abattoirs encerclent Greeley, 88 000 âmes. Une bourgade à l’échelle du pays. Centre administratif du comté de Weld, la cité rurale est un bastion « rouge » avec son maire républicain, Ed Clark, ancien officier de police.

C’est donc un espace-clé à conquérir pour les démocrates. Dans leur local de campagne, cinq militants, étudiants et jeunes actifs, reçoivent une enveloppe pour la mission de ce samedi après-midi. Le contenu : une carte du bloc limitrophe, un argumentaire implacable et les listes électorales des cibles du jour. En ligne de mire, les électeurs indépendants de Glenmere Park, le quartier voisin. Objectif pour chaque volontaire : vendre l’image du candidat idéal aux habitants des cinquante maisons symbolisées sur le plan par un cercle.

Fraîchement diplômée en sciences politiques de Berkeley (Californie), une des plus prestigieuses universités mondiales, Kate Dillon a été parachutée par le comité de campagne au cœur de l’Amérique pour gagner la bataille du vote des jeunes et des indécis. Cette jeune blonde hyperactive et à la voix légèrement cassée participe avec ses quatre autres camarades au Canvass, la prospection. Elle déplie son paquet de listes d’électeurs et ciblent les priorités.

Aux Etats-Unis, les données électorales sont publiques et comportent des informations personnelles telles que l’adresse, l’âge… mais plus surprenant les affiliations politiques.

Selon ces listes, closes début octobre, sur 110 000 électeurs, 29 000 sont enregistrés comme démocrates, 43 000 comme républicains et surtout 37 000 comme non-affiliés. C’est une aubaine historique pour les démocrates de faire basculer le comté.

Première porte et première déception. « Les résidents doivent sûrement être au match de football » soupire Kate, excitée à l’idée de persuader ces citoyens qui feront la différence. Déposer un tract dans la boîte aux lettres est interdit par le code électoral, le paillasson se chargera alors de transmettre le message. Après quatre maisons et autant d’échecs, une porte s’ouvre sur Kristen, une lycéenne de 18 ans à peine inscrite. Comme ses parents, elle assure qu’elle votera pour le sénateur de l’Illinois et retourne devant la télévision.

 

Prêcher (presque) dans le désert

La majorité des classes moyennes de la ville vivent dans ce quartier pavillonnaire où un surprenant été indien a poussé les habitants à déserter leurs domiciles : deux résidences sur trois sont vides.

La maison suivante est un concentré de contradictions. Des statues harmonieuses de Bouddha accueillent le visiteur sur le perron tandis qu’une pancarte menace : « Faites attention au chien et au maître... » Illustrations d’un Rottweiller et d’une arme de poing à l’appui. Désarçonnée, Kate passe son chemin et frappe à une autre porte. Robert, un quinquagénaire soigné, s’excuse de ne pas avoir beaucoup de temps à lui consacrer. Et s’emporte contre « l’immigration illégale qui détruit ce pays et dont personne ne parle ». Pour écourter la conversation et retrouver son match de baseball interrompu, il prend le tract, vocifère et claque la porte.

Installé dans une élégante demeure, Eric, se définit comme un conservateur mais n’évite pas le dialogue. Sa femme et lui comptent voter pour John McCain « pour l’instant ». La position de Sarah Palin sur l’avortement les séduit. Et Kate de rebondir sur la critique : « Le ticket Obama-Biden veut laisser le choix aux femmes de décider. » A peine la porte refermée, elle ne renonce pas et coche une case « revenir » sur sa liste.

Dernier arrêt chez Steven, un électeur « très indépendant » qui livre ses inquiétudes. Comme pour la plupart des banlieusards américains, la Grande Dépression 2.0 le préoccupe. Il craint également une nouvelle hausse d’impôts. Sans regarder l’argumentaire qu’elle connaît par cœur, Kate rassure: « Barack Obama a promis qu’il baisserait les taxes pour 95% des citoyens qui gagnent moins de 250 000 dollars. »

Le sourire reste crispé. « Il votera sans doute pour Barack » s’avance la prosélyte démocrate.

Trois heures de démarchage plus tard, les militants fourbus font le bilan au quartier général. Ils ont couvert 150 adresses et devront rééditer leur performance . Car, dans un comté de Weld qui a largement réélu George W. Bush (63.56%) toutes les voix vont compter pour gagner les neuf Grands Electeurs du Colorado.

Effet Obama ou pas, plus de 20 000 nouveaux électeurs ont été enregistrés dans le comté depuis janvier dernier, notamment dans la communauté hispanique. C’est pourquoi, Kate et les autres militants répertorieront après chaque passage les néo-sympathisants du candidat démocrate – même les moins affirmés - pour s’assurer qu’ils iront voter le 4 novembre. Quitte à les convoyer jusqu’au bureau de vote. Efficace, le service après-vente.

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24 septembre 2008

Des brèves du front...

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L'atelier tee-shirt père-fils a mal tourné...

La semaine dernière à Aurora (Colorado), un écolier de 11 ans a été suspendu pour être venu en cours avec un tee-shirt " Obama est le meilleur ami des terroristes" confectionné à la maison.
Le père et son fils ont invoqué le Premier Amendement et le respect de la libre expression pour légitimer leur création.
Une semaine jour pour jour après la commémoration des attentats du 11 septembre, le mot "terroristes" aurait bouleversé ses camarades de classe.
La direction de l'école a ainsi justifié l'exclusion temporaire. Elle n'est donc pas due au port du tee-shirt mais aux remous provoqués en classe.
Pour être exhaustif, la soeur portait le même jour un tee-shirt "Obama" avec un slogan pro-McCain dans le dos. La famille est connue dans la ville pour avoir assister en 2000 à une manifestation devant la maison d'un docteur qui pratiquait des avortements.
Source : Rockies Moutain News

Palin, bienfaitrice des pro-avortements...

Pendant ce temps, le Planning Familial est submergé de donations...grâce à Sarah Palin, la candidate à la vice-présidence.
Une campagne Internet anonyme demande par mail aux personnes favorables à l'avortement et aux droits de la Femme d'envoyer des dons de 10$ au nom de la farouche militante Pro-life (anti-avortement). Palin est opposée à toute intervention même en cas de viol ou d'inceste.
Une position qu'elle avait encore martelé lors de sa campagne pour le poste de gouverneur de l'Alaska en 2006. Et comme les chèques sont envoyés en son nom, elle devrait recevoir un dizaine de milliers de cartes de remerciements.
(Source ) Rockies Moutain News

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11 septembre 2008

Une très bonne vidéo...

La campagne électorale rentre dans une nouvelle ère où les lignes de fractures sont clairement établies.
Mais certains humoristes tournent déjà en dérision les slogans et les programmes de chaque camp.

Voici une courte et amusante vidéo sous-titrée en français.

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08 septembre 2008

Première étape : les inscriptions

Dimanche 7 septembre - Campus de Northern Colorado ( Greeley, Weld County)

Les étudiants pour Barack Obama du Colorado tenaient des réunions sur les différents campus de l'État. Objectifs :  évaluer le moral des troupes et former les nouveaux volontaires aux techniques d'inscriptions sur les listes électorales.

Le système électoral. Détail important : aux États-Unis, les partis politiques ont la responsabilité d'enregistrer les citoyens sur les listes électorales et faire remonter les fichiers jusqu'au siège du parti. Pour cette élection général, la date limite est fixé au 6 octobre. Et comme au pays de la Liberté, tout se paye , les retardataires doivent s'affranchir d'une prime de 50 $ par jour de retard.

Petit point sur les conditions à remplir :
- Avoir 18 ans
- Posséder au moins un numéro de permis de conduire (Driver's license number), de Sécurité Sociale (Social Security Number) ou un numéro de déclaration d'impôts (Internal Revenue ID number).
Sinon, après une procédure administrative, le néo-électeur reçoit un numéro spécial d'identification.

A noter que les sans-abris peuvent également voter s' ils déclarent au moins une adresse d'église ou de centre d'hébergement.

Le vote jeune. Le campus concentre environ 15 000 étudiants et est donc un vivier potentiel d'électeurs. Or, pour gagner le Colorado et l'élection présidentielle, les Démocrates ont conscience que les jeunes pèseront dans le résultat. D'après le Census Bureau, l'équivalent de l'INSEE, les jeunes représentent 43 millions de personnes soit 20% de la population nationale. Les études montrent qu'Obama est en tête des intentions de vote chez les jeunes.

Les 18-25 constituent, des deux côtés de l'Atlantique, un électorat enthousiaste mais volatile. L'enjeu pour le parti démocrate est de les fidéliser jusqu'au scrutin.
Les supporters de John McCain ne manquent pas sur le campus et recrutent eux aussi des volontaires pour engranger des futurs électeurs.
L'Université de Northern Colorado abritera ses propres bureaux de vote...dans 57 jours .

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05 septembre 2008

McCain, ce "héros américain"


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John McCain et Sarah Palin saluent les troupes /Crédit Photo New-York Times

Une semaine après le discours de Barack Obama à Denver, le sénateur républicain de l'Arizona enfilait, jeudi soir à Saint-Paul (Minessota), son costume - symbolique - de candidat officiel. Et le discours, était plutôt teinté de kaki, façon treillis de G.I.

Le soldat McCain s'en va en guerre...
Sous les vivas de plusieurs vétérans de guerre, soigneusement placés aux premiers rangs, l'ancien capitaine de l'U.S Navy hausse le ton et passe à l'offensive.
Des vétérans d'Irak tentent bien de perturber le discours. Sans succès. Echec aussi pour cette militante pro-avortement, lancée dans une communication-striptease avant que la sécurité rhabille avec vigueur cet intrus. Les supporters républicains lancent alors en choeur des "USA" ou des "John McCain" pour couvrir les protestations des convives ingrats.
Ah, communication quand tu nous tiens. Sur scène, McCain, sourire carnassier, n'en démord pas : " Je combat pour mon pays, je combat pour vous". Et aussi pour ce soldat US tombé sur des terres hostiles dont il arborre avec fierté le bracelet donné par les parents. Par ce geste anodin, le marketing politique a certainement franchi une étape à la convention du "Grand Old Party". Le politicien n'est plus le porte-parole du fermier surendetté du Midwest, il fusionne avec la pauvre victime.
Martyr de la mondialisation ou victime de la bureaucratie de Washington, chaque américain trouve une place dans le coeur du candidat. Protecteur des travailleurs, McCain s'autoproclame champion de l'écologie et lance une polémique sur ce qui sera sans doute l'enjeu central du scrutin : l'énergie.
Au pétrole cher, le sénateur a une solution : forer les sous-sols américains. Pas soluble dans l'écologie ? Le vieux briscard élude la réflexion en avançant au pas de charge sur un terrain conquis : le patriotisme.
Et avec une pirouette dont il a le secret, le téléspectateur américain est catapulté sur LE sujet diplomatique de l'été : la Géorgie. "Mes amis, il est temps de montrer comment l'Amérique dirige encore", s'emporte le médaillé militaire. Ou comment réchauffer la bonne vieille Guerre Froide et taper sur les doigts de la Russie. Alors, McCain, un va-t-en-guerre? " Je déteste la guerre, c'est la pire des choses" s'émeut-il. Sans blague. Fils et petit-fils de soldats, les conflits du siècle dernier ont rempli la marmite familiale depuis trois générations. N'empêche, une petite larme perle sur la joue d'une jeune femme lorsqu'il évoque sa captivité au Vietnam.
La messe politique s'embourbe. Nouvelle pirouette et retour à la politique nationale. Surprise pour le citoyen français que je suis, John McCain est le cousin d'Amérique de...François Bayrou : "Je prendrai les meilleures idées de chaque parti pour gouverner". A défaut d'œcuménisme religieux - pour une raison suspecte, il deteste uniquement le terrorisme islamique - il joue la carte du rassemblement national. Candidat iconoclaste qui rejette le bilan de Georges W.Bush, John McCain ne propose pas de mesures concrètes et se pose en serviteur acharné du pays. Bon, même s'il a oublié la bannière étoilée en pin's à sa veste, le goodie incontournable, il est patriote : " Je suis tombé amoureux de mon pays quand j'étais loin de lui [...] Au Vietnam, je n'étais plus le même homme, j'étais mon pays."
Militaire, un jour...: "Battez-vous avec moi, levez-vous avec moi" harangue-t-il la foule. Quel homme. Steven, mon colocataire de Colorado Springs s'en est presque étouffé : "Rien ne peut tuer cet homme, il a survécu à une explosion de missile juste à côté de lui." En Amérique, les cicatrices contribuent à bâtir une carrière et comme le notait, cet homme-puzzle (les deux bras et les deux jambes cassés au Vietnam), Barack Obama n'en a aucune. Est-ce un signe ?
Pour finir, la citation du jour : "Nous sommes américains, nous ne nous cachons pas devant l'Histoire, nous la faisons".

Bilan moral du discours : le candidat a rassuré l'aile la plus conservatrice des électeurs républicains sur ses intentions. Et a habilement laissé la porte ouverte au changement pour séduire l'électorat indépendant qui sera la clé du scrutin à J-60

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On the road to Denver...

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Une militante anti-Bush et McCain a pris la pose

Mardi 26 août 2008, quelque part dans le Colorado

The DNC (Democratic National Convention) battait son plein à Denver à environ 60 km de Greeley. La tentation de voir ça de plus près était trop forte. Elle s'est heurtée avec violence à un problème récurrent aux Etats-Unis : le manque total de transports en commun.

Dans une ville de 90 000 habitants, le seul transport autre que la voiture individuelle est...un train de marchandises qui traverse la cité.

Co-voiturage, navette jusqu'à l'aéroport, nous avons tout essayé. Finalement, nous avons trouvé la perle des entreprises de location de voitures : un chauffeur - que je soupçonne d'être le sosie officiel d'Ho Chi Minh - vient vous chercher chez vous et vous ramène à l'agence où vous récupérer une voiture pour 36 dollars la journée ( 25 euros).

Il ne restait plus qu'à aller à la "Mile High City" avec cette belle Chevrolet rouge clinquant. Et l'aide d'une ou deux cartes.

Arrivés à Denver, la ville  était en état d'alerte pour la convention : des policiers armés pour réprimer les manifestations, des pro-Bush, des chorales anti-Mc Cain, des anti-avortement et des pro-Hillary. Et j'en passe des meilleurs dans la catégorie illuminés comme ces anti-impérialistes venus de Seattle.

Bref, l'intérêt du trip était de voir la DNC : échec total, car une zone de sécurité monstre entourait le Pepsi Center où seuls les accrédités pouvaient entrer.

Nous nous sommes donc rabattus sur une visite improvisée de Denver. Un seul mot pour décrire l'atmosphère : crazy ! Des gens de partout, des stands de vente de breloques étiquetées Obama tous les dix mètres. De l'excitation et de la tension à la louche.

Au coeur de la ville, un village alternatif a même envahi le parc du capitole local. Du bonheur pour les journalistes présents en masse avec leurs camions relais.

Retour à Greeley. A l'instant pile où Hillary Clinton débutait son discours, nous nous sommes approchés comme jamais du Pepsi Center mais...nous étions sur l'autoroute. Un concert d'éclairs à illuminé notre retour dans la campagne.

Posté par damzin à 19:17 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]